Ce petit morceau de terre paradisiaque noyé sous les fleurs, les palmiers, les pins d’Alep et les oliviers abrite quelques-unes des villas les plus luxueuses de la Côte d’Azur.

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Saint-Jean-Cap-Ferrat

Si Saint-Jean-Cap-Ferrat m’était conté
À l’origine, la “presqu’île aux milliardaires” de Saint-Jean-Cap-Ferrat n’était qu’un amas rocheux et sauvage, recouvert d’une épaisse végétation. Si la commune ne s’est véritablement développée qu’au début du XXe siècle, elle attise aujourd’hui la curiosité, nourrit l’imaginaire et défraie les chroniques immobilières et financières. La presqu’île de Saint-Jean-Cap-Ferrat possède un don : celui de déclencher « des éclairs de pulsion créatrice qui provoquent chez des humains d’inattendus traits de génie ». De Cocteau, omniprésent, en passant par Somerset Maugham, Matisse, Nietzsche, Charlotte Salomon et tant d’autres, les créateurs sont magnétisés par la magie du cap. L’architecture n’est pas en reste, Le Corbusier, Oscar Niemeyer et Norman Foster y ont laissé leur empreinte et de nouveaux talents s’y dévoilent. Le moutonnement des pins cache cinq cents villas aux prix exponentiels mais au village enserrant le petit port de pêche, la vie s’organise naturellement unissant les Saint-Jeannois de racine ancienne aux nouveaux résidents. Malgré l’attrait des grandes fortunes pour ce petit bout de paradis, la presqu’île n’a jamais été aussi verte qu’aujourd’hui, en grande partie grâce au luxueux domaine de 14 hectares de végétation luxuriante, acquis par le roi des Belges Léopold II, au début du XXe siècle.

Le rêve de la baronne
Exubérantes, discrètes ou démesurées, les luxueuses villas fleurissent sur le littoral Saint-Jeannois depuis la moitié du XIXe siècle. Parmi ces quelque cinq cents écrins de douceur et de volupté, la demeure de la baronne Béatrice de Rothschild est sans doute l’une des plus exceptionnelles. Bâtie sur un sommet de la presqu’île -qui n’était encore qu’un rocher aride traversé par un sentier muletier- entre 1905 et 1912, la villa Ephrussi de Rothschild fait aujourd’hui office de musée. Les collections d’objets d’art forment un ensemble de plus de 5 300 pièces réparties de façon à conserver « l’aspect d’un salon », cher à la baronne. Évoquant les fastueux palais italiens de la Renaissance et reproduisant fidèlement les modèles architecturaux des écoles vénitienne et florentine, la demeure est cerclée d’une succession de neuf jardins thématiques éblouissants, présentant des centaines d’espèces rares et exotiques.